La valise bleue
Ma mère a traversé l'Atlantique avec une valise bleue, trois robes et un dictionnaire. Elle avait vingt-deux ans et ne parlait pas un mot de français.
Lecture générée par intelligence artificielle, pas la voix originale de l’auteur.
La valise bleue est encore dans le grenier. Le cuir est craquelé, la poignée tient avec du fil de pêche que mon père a noué en 1974. Personne ne la jette. C'est devenu impossible de la jeter. Ma mère est arrivée à Montréal en janvier. Elle avait quitté Beyrouth une semaine plus tôt, sans savoir si elle reverrait sa mère. Elle m'a raconté qu'à la douane, l'agent lui a demandé quelque chose trois fois. Elle ne comprenait pas. Elle pleurait sans bruit, trop fière pour laisser voir. Finalement il a souri, il a tamponné son passeport, et il a dit en arabe : « Bienvenue, ma sœur. » C'était un Libanais lui aussi, arrivé dix ans plus tôt. Elle dit que ce jour-là, elle a décidé deux choses. La première : qu'elle apprendrait le français si vite que personne ne pourrait plus jamais la regarder de haut. La seconde : que si un jour elle avait des enfants, ils sauraient d'où ils venaient. Je parle trois langues à cause d'elle. Je cuisine le mjadra comme elle. Et je garde la valise bleue, même si elle ne sert plus à rien, parce qu'elle sert à tout.
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cool